Malgré son bon état, le toit a dû être entièrement découvert suite à l'oxydation des crochets. L'occasion a permis de poser une sous-couverture protégeant le lambrissage d'origine bien conservé. Des bouches d'aération discrètes et un nouveau contre-lattage permettent au toit une bonne respiration.
Les façades en pierre factice présentent un important défaut inhérent à la construction, les efflorescences de salpêtre. Les pierres, bien que teintées dans la masse, avaient été peintes peu après la construction, en vue de corriger l'aspect général. Les quelques dégâts ponctuels ont été réparés par un mortier spécial, apparenté à l'existant. Une nouvelle teinte dérivée de la couleur d'origine, après son vieillissement, est appliquée sur toute la surface. Les quelques parties traitées contre le salpêtre se sont bien comportées, contrairement aux parties non traitées. L'option de ne pas traiter la pierre a été prise après le constat d'importants dégâts sur d'autres édifices restaurés en Suisse et particulièrement en Allemagne.
S'il n'a pas été possible de reconstituer le décor sculptural de l'extérieur, éliminé entre 1955 et 1956, Les façades en pierre factice présentaient un important défaut inhérent à la construction, les efflorescences l'application d'une nouvelle polychromie a permis d'atténuer les interventions ultérieures relevant d'une autre manufacture. Bien que dépouillé, l'aspect extérieur reste encore très ouvragé.
L'intérieur, ultime étape de la restauration, conserve intacte l'ensemble de son décor d'époque. Le chœur de Dumas succède à un aménagement provisoire, sans lien avec le style néo-gothique. Le sol de l'allée centrale et du narthex, les deux arcades et le plafond nervuré sous la tribune de l'orgue, détruits en 1970, suite à l'installation d'un nouveau chauffage à air chaud, sont reconstruits selon des anciennes prises de vues ou des vestiges retrouvés. Le nouveau chauffage à air chaud sous les bancs, s'inspire de celui de la cathédrale de Fribourg.
Tout au long de cette restauration nous avons respecté l'état d'origine de la substance par la conservation intégrale de ses contrastes, évitant d'atténuer les teintes en conformité avec le goût actuel. Le Chemin de croix d'une exécution à première vue académique révèle, après sa restauration, les connaissances étonnantes en 1906 de la peinture moderne de son auteur. L'influence de plusieurs protagonistes français et suisses alors méconnus, se retrouve dans le traitement de certains personnages et des plans secondaires. Édifié par Henri Wolf-Giusto, le grand orgue d'expression symphonique inspiré de la grande facture d'orgues française de la fin du XIXe siècle, a été inauguré en 1929. N'ayant subi aucune altération depuis sa construction, l'instrument est soigneusement restauré en tant que témoin important de l'esthétique romantique-symphonique française en Suisse romande. Des interventions mineures, dictées par les nouveaux besoins liturgiques, sont faites dans un esprit résolument contemporain en harmonie avec l'esprit qui a animé le nouveau chœur et la chapelle des fonts baptismaux. Un espace réservé à la méditation a été crée à l'emplacement d'un local technique sous la partie orientale du nouveau chœur de 1937.
Notre-Dame, sauvée de la démolition en 1980, entre autre par l'engagement de M. Robert Pillonel Curé de la paroisse et du soussigné, est la plus grande église suisse érigée au siècle dernier.
Noël 1999 a vu la réouverture de l'église pour la célébration des offices. Les ultimes travaux d'achèvement se feront durant le mois de janvier. L'inauguration du nouvel orgue aura lieu à la fête de la Pentecôte 2000. La consécration est prévue pour le 27 août de la même année.